Kenya : un budget carbone pour sécuriser 14 milliards $ de financements climatiques
Agence Ecofin
Cette mesure vise à concilier les transferts internationaux de crédits carbone avec les objectifs climatiques du pays, tout en mobilisant les financements extérieurs nécessaires à sa transition vers une économie bas carbone.
Le gouvernement kényan prévoit d’adopter un budget carbone national pour mobiliser 14 milliards $ de financements climatiques, selon son document stratégique publié le mardi 4 août.
Ce budget carbone fixera un plafond national des émissions de gaz à effet de serre ainsi qu’une limite aux volumes de réductions d’émissions pouvant être autorisés pour un transfert à l’international. Décliné aux niveaux national et sectoriel, il comprendra des plafonds annuels indicatifs afin de garantir un suivi rigoureux des émissions, de renforcer la transparence et de préserver l’intégrité environnementale des échanges de crédits carbone.
Le coût total de cette stratégie d’atténuation est estimé à 17,7 milliards $. Le Kenya prévoit d’en financer environ 3,7 milliards $ sur ressources nationales. Le reste dépendra de financements internationaux, de transferts de technologies et d’actions de renforcement des capacités.
Le Kenya figure parmi les pays africains les plus engagés dans le développement de politiques climatiques et de marchés du carbone. Son mix électrique repose majoritairement sur les énergies renouvelables, notamment la géothermie, l’hydroélectricité et l’éolien. Toutefois, le pays reste fortement exposé aux effets du changement climatique, en particulier aux sécheresses récurrentes et aux événements météorologiques extrêmes. En renforçant le cadre de gouvernance de son marché carbone, Nairobi espère mobiliser davantage de capitaux internationaux pour atteindre son objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050.
« [Le budget] sert de passerelle entre l’objectif climatique national du Kenya et les objectifs de décarbonisation de haut niveau [tels que la neutralité carbone d’ici 2050] d’une part, et les politiques concrètes, les investissements ainsi que les stratégies d’échange nécessaires pour les atteindre d’autre part », souligne le document.
Cette réforme s’inscrit dans la mise en œuvre de la Contribution déterminée au niveau national (CDN) actualisée du Kenya, soumise à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) en décembre 2020. Le pays s’est engagé à réduire de 32 % ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 par rapport au scénario de référence (BAU), estimé à 143 millions de tonnes équivalent CO₂.
Carelle Yourann (Stagiaire)
Édité par Wilfried ASSOGBA
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