l’Égypte mise sur le financement en monnaie locale pour ses nouveaux projets

Agence Ecofin

l’Égypte mise sur le financement en monnaie locale pour ses nouveaux projets
Marché & Finance Article 3 min de lecture Par Bertrand GUERI

l’Égypte mise sur le financement en monnaie locale pour ses nouveaux projets

Agence Ecofin

L’Égypte fait face à une pression persistante sur sa monnaie et une dette extérieure élevée. Pour ses grands projets d’infrastructure, le pays cherche à réduire sa dépendance aux financements en devises étrangères.


L’Égypte accélère sa transition vers les énergies renouvelables avec une approche financière inédite. Jeudi 11 juin, le ministère de l’Électricité et des Énergies renouvelables a annoncé un projet de développement de capacité solaire et de stockage par batteries, financé en livres égyptiennes.


Selon les informations relayées par Amwal Al Ghad, ces initiatives ont été discutées lors d’une réunion entre le ministre Mahmoud Esmat et Bahaa El Ghannam, directeur exécutif de l’Autorité publique « Future of Egypt », qui supervise de grands chantiers de mise en valeur des terres désertiques.


Deux sites ont été retenus. À Nagaa Hammadi, une centrale solaire de 2000 mégawatts (MW) sera couplée à une installation de stockage par batteries d’une capacité de 2000 mégawattheures (MWh). Dans la région des Oasis, un projet solaire de 320 MW sera développé séparément. Les deux installations doivent être raccordées au réseau électrique national en 2027.


Le choix du financement en monnaie locale répond à une directive présidentielle. Il vise à réduire la dépendance de l’Égypte aux devises étrangères pour financer ses grandes infrastructures énergétiques, dans un contexte de pression persistante sur la livre égyptienne.


Comme l’a rapporté Agence Ecofin en janvier dernier, le pays avait signé des accords de 1,8 milliard de dollars avec les sociétés Scatec et Sungrow pour des projets similaires, financés en devises.


Des projets au service de l’agriculture et de l’industrie


Ces centrales solaires ne sont pas destinées uniquement au réseau national. Elles doivent alimenter les projets agricoles et agroindustriels pilotés par Future of Egypt. El Ghannam a souligné que l’énergie renouvelable constitue « un pilier central » des plans de développement de son organisme.


Cette orientation s’inscrit dans une dynamique plus large. En mai, le gouvernement égyptien a lancé un programme national visant à installer jusqu’à 1 000 mégawatts de capacités solaires sur les toits d’environ 7 000 usines, d’après le compte officiel du Cabinet égyptien. Ce programme baptisé « Industrial Solar Initiative » vise à réduire les coûts de production industrielle et à alléger la pression sur le réseau électrique national.


À long terme, l’Égypte s’est fixé des objectifs ambitieux dans les renouvelables. GlobalData projette que la capacité solaire installée devrait dépasser 34 gigawatts d’ici 2035. L’Égypte vise par ailleurs une part de 45 % de renouvelables dans son mix électrique à l’horizon 2035, contre environ 20 % aujourd’hui, selon le ministère de l’Électricité.


Abdel-Latif Boureima


Édité par Wilfried ASSOGBA

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